"기쁨의 황제"로 오션 부옹이 미국의 잊혀진 세대의 생생한 찬가를 만들다

Avec "L’Empereur de la joie", Ocean Vuong compose l’hymne vibrant d’une génération perdue dans l’Amérique des oubliés

France Info · 🇫🇷 Paris, FR FR 2026-04-28 22:28 Translated
시골 패스트푸드 종업원들의 작은 공동체의 모험을 통해, 베트남 계 미국 퀴어 소설가이자 시인은 두 번째 기회의 개념과 미국 꿈의 신기루에 의문을 제기한다.
2020년대 초 4권의 책을 출판한 지 얼마 되지 않아 소설가 오션 부옹은 미국 문학계에서 거의 즉각적으로 변방 문학의 새로운 천재로 자리 잡았다. 미국 북동부 러스트 벨트의 낙오자들의 황폐한 삶을 그의 섬세함으로 다루고 있다.

독자들의 찬사를 받은 그의 책들은 현재 전 세계로 번역된 베스트셀러 중 하나이다. 37세인 그는 최근 두 번째 소설 "기쁨의 황제"를 3월 갈리마르 출판사에서 출판했으며, 엘렌 코엔이 영어에서 번역했다. 이 소설은 뜨거운 인간미의 은혜로 잊혀진 중산층의 절망을 물리치는 장대한 소설이다.

1980년대 베트남에서 가족의 일부와 함께 이민을 간 후, 19세의 하이는 코네티컷의 외진 곳인 이스트 글래드니스에서 어머니와 함께 산다. 이는 산업도시 하트퍼드 근처이다. 청소년 때부터 아편유사제 중독이었던 내성적인 청년은 뉴욕 대학교에서 의학 1학년을 떨어졌다. 재활 센터에서 잠시 머무른 후 이스트 글래드니스로 돌아온 그는 집으로 돌아가 어머니에게 실패를 고백할 수 없다. 여름 밤, 그가 다리에서 얼음 같은 물로 뛰어내릴 준비를 하고 있을 때, 허름한 집 테라스에서 그를 지켜보고 있던 그라지나가 나타난다.

82세의 노부인인 구 소련 리투아니아 난민 그라지나는 상황을 정리할 때까지 그를 자신의 집에서 받아들인다. 청년이 자신의 중독과 싸우면서 점점 정신을 잃어가고 있는 주인을 돌보는 상호부조 협약이 두 사람 사이에 맺어진다. 어느 날, 하이는 자신의 사촌 소니의 도움으로 도시의 패스트푸드 중 하나에서 웨이터 일자리를 찾는다. 그곳은 고속도로 변의 오래된 다이너로, 그는 같은 처지의 주변화된 종업원들의 놀라운 작은 무리 중에서 점차 가족을 재구성한다. 그라지나의 상태가 위험하게 악화되는 날까지... 하이가 견딜 수 있을까?

"여기서는 아무것도 멈추지 않는다. 우리를 제외하고는. (...) 우리는 변방에 살지만 국가의 중심에서 죽을 것이다. 우리는 수표마다 세금을 내고 우리의 꿈이 누워있는 무너진 강변에 우리를 지탱하기 위해 살아간다."

"기쁨의 황제"에서

이전 소설 "찬란한 순간"에서 베트남계 미국 이민자로서의 자신의 여정에 더욱 자전적으로 집중했던 오션 부옹은 "기쁨의 황제"에서 초점을 확대한다. 그는 서브프라임 위기 이후 미국 노동 계급의 엄청난 혼란을 우아로운 언어로 설명하여 강한 공감으로 강렬하고 몰입적인 초상화를 그린다.

이 책은 서브프라임 위기로 고통받는 좀비 같은 미국인들에 대한 다큐멘터리를 괴롭히는 진부한 고정관념과는 거리가 멀다. 부옹은 낙인을 뒤집는다. 여기서는 미국 자체가 그의 펜 아래서 아파 보이며, 제약 산업의 청년층에 대한 통제 불가능, 시간당 7.25달러로 블루칼라 노동자를 빈곤 속에 유지, 수십 년 동안 작은 광산 도시들의 지역 전체를 독성 슬러지 배출로 오염시킨다.

그리고 매우 섬세하게 암시된 이 혼란 속에서, 작은 터치로, 하이와 그의 불행한 동료들이 움직이는 다이너의 불빛은 여전히 작동하는 인성의 마지막 등대처럼 깜박인다. 각자가 자신의 역할을 하는 작은 극장에서, 그곳 주민들의 꿈이 모두 파괴되지는 않았다. 각자의 결함과 비극에도 불구하고. 그리고 이 꿈들은, 얼마나 그럴듯하지 않거나 미미할지라도, 자본주의 착취의 폭력에 맞서 그들을 일으켜 세우고 단합시키는 불가침의 연대의 기초를 구성한다.

우리는 점차 치매에 빠져가는 그라지나를 돌보는 하이가 그녀가 젊을 때 피해 도망친 전쟁의 기억이 그녀를 괴롭힐 때 웃음이 터질 도망 전략을 발명할 때 경탄하며 따른다. 우리는 남북전쟁 매니아인 사촌 소니와 함께 고통받으며, 그의 어머니를 감옥에서 빼내기 위해 열심히 일하고, 패스트푸드의 레즈비언 매니저 BJ가 여성 레슬링 팬이자 지역 경기에 출전하며 작은 무리를 이끄는 것을 감지한다. 아들의 조기 사망 후 절망적으로 투쟁하는 계산원 모린을 위해. "모린은 술에 취하면 팟캐스트로 변신하는 종류의 알코올 중독자였다." 모두는 꺼지기를 거부하는 정의할 수 없는 작은 불꽃을 공유한다.

그러나 이 책은 또한 자녀들에게 더 나은 미래를 제공하기 위해 자신의 나라를 떠난 많은 이민 가족들의 망명의 무게에 관한 성찰을 제공한다. 종종 한부모 가정이다. 어머니 앞에서 거짓에 갇혀 있는 하이의 약한 어깨에 무거운 기대가 있다. 그 도달 불가능한 사회적 상승 꿈과 일치하지 못한 것으로 황폐해졌다. 그리고 아마도 미국 작가의 관점에서 가장 감동적인 것이 바로 이것이다.

부옹이 현재 유명한 작가로 펜으로 살아가고 있지만, 그의 조건에 대해 쓰는 것이 그를 계급 배신자로 변환하는 것을 목표로 하지 않았다. 그의 주제가 아니다. "나는 항상 이 사람들의 삶을 이야기해 왔다. 왜냐하면 그들은 여전히 오늘날 내 삶의 중심이기 때문이다. 제임스 볼드윈이 할렘과 함께 한 것처럼", 그는 3월에 출판된 보그 매거진 인터뷰에서 말했다. 그가 생생한 충성심으로 소중히 여기는 그 흩어진 운명의 추방자들의 존엄성을 복원하는 방식으로.
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A travers les aventures d’une petite communauté d’employés d’un fast-food de province soudée par une indestructible solidarité, le romancier et poète queer américain d’origine vietnamienne questionne la notion de seconde chance et les mirages du rêve américain.

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A travers les aventures d’une petite communauté d’employés d’un fast-food de province soudée par une indestructible solidarité, le romancier et poète queer américain d’origine vietnamienne questionne la notion de seconde chance et les mirages du rêve américain.

En l’espace de quatre livres publiés à l’orée des années 2020, le romancier Ocean Vuong s’est imposé quasi-instantanément dans le paysage des lettres américaines comme le nouveau prodige d’une littérature des marges. Effleurant de sa délicatesse les vies dévastées des laissés-pour-compte de la Rust Belt des Etats du Nord-Est américain.

Acclamés par un lectorat toujours plus nombreux, ses livres figurent aujourd’hui parmi les best-sellers traduits dans le monde entier. A 37 ans, il vient de publier son deuxième roman, L’Empereur de la joie, paru en mars aux éditions Gallimard et traduit de l’anglais par Hélène Cohen. Un roman-fleuve qui, par la grâce d'une irradiante chaleur humaine ,conjure le désespoir d’une middle-class oubliée.

Après avoir émigré du Vietnam dans les années 80 avec une partie de sa famille, Hai, 19 ans, vit avec sa mère à East Gladness, coin perdu du Connecticut non loin de la ville industrielle d’Hartford. Le jeune homme fragile, accro aux opioïdes depuis l’adolescence, vient de rater sa première année de médecine à l’université de New York. De retour à East Gladness après un court séjour dans un centre de désintoxication, il est incapable de rentrer chez lui et d’avouer son échec à sa mère. Un soir d’été, alors qu'il s’apprête à se jeter du haut d'un pont dans l’eau glacée, surgit Grazina qui le guette depuis la terrasse de sa petite maison délabrée.

La vieille dame de 82 ans, ancienne réfugiée lituanienne de la Seconde Guerre, le recueille chez elle le temps d’y voir plus clair. Un pacte d’entraide va alors se nouer entre ces deux-là, le jeune homme veillant tant bien que mal sur son hôte qui commence à perdre un peu la boule, tout en luttant contre ses propres addictions. Un jour, Hai trouve un boulot de serveur dans l’un des fast-foods de la ville grâce à son cousin Sony. Un endroit où il va peu à peu se reconstituer une famille au milieu de l’incroyable petite bande de marginaux employés comme lui dans cet antique diner de bord d’autoroute. Jusqu’au jour où l’état de Grazina se dégrade dangereusement… Hai réussira-t-il à faire face ?

"Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (..) Nous vivons aux marges mais nous mourrons au cœur de l’Etat. Nous payons des impôts à chaque chèque encaissé pour nous tenir sur les rives affaissées d’un fleuve où gisent nos rêves."

dans "L'Empereur de la joie"

Alors qu’il s’attardait de manière plus autobiographique sur son parcours de jeune émigré vietnamo-américain dans son précédent roman Un bref instant de splendeur, Ocean Vuong élargit la focale dans L’Empereur de la joie. Il y décrit dans une langue élégiaque l’immense désarroi de la classe laborieuse américaine des années post-crise des subprimes pour en brosser un portrait intense, immersif, d’une grande empathie.

Bien loin des clichés essorés qui hantent les documentaires sur ces Américains zombies, rongés par les difficultés économiques et la crise des opioïdes, Vuong inverse le stigmate. Ici, c’est plutôt l’Amérique qui apparaît malade sous sa plume, incapable de contrôler l’emprise de l’industrie pharmaceutique sur sa jeunesse, maintenant ses cols bleus dans une misère à 7,25 dollars de l’heure, polluant pour des décennies des quartiers entiers de ces petites villes minières par les rejets de boues toxiques.

Et au milieu de ce marasme très finement évoqué, par petites touches, les lumières du diner où s’agitent Hai et ses compagnons d’infortune clignotent comme le dernier phare d’une humanité encore opérationnelle. Dans ce petit théâtre où chacun joue son rôle, les rêves de ses occupants n’ont pas tous encore été anéantis. Malgré les failles et les tragédies de chacun. Et ces rêves-là, si improbables ou minuscules fussent-ils, constituent la matrice d’une solidarité indestructible qui les tient debout, unis face à la violence de l’exploitation capitaliste.

On suit émerveillé Hai dorlotant Grazina qui sombre peu à peu dans la démence et pour qui il invente des stratégies d’évasion hilarantes quand les souvenirs de la guerre qu’elle a fuie dans sa jeunesse reviennent la tourmenter. On souffre avec le cousin Sony, incollable fana de la Guerre de Sécession qui bosse dur pour sortir sa mère de prison, on vibre pour BJ la manageuse lesbienne du fast-food, fan de catch féminin qui court les compet’ locales entraînant la petite bande à sa suite. Pour Maureen la caissière complotiste luttant désespérément après la mort prématurée de son fils. "Maureen était de ces alcooliques qui se transforment en podcast quand ils ont bu un coup de trop." Tous partagent une indéfinissable petite flamme qui ne veut pas s’éteindre.

Mais le livre offre aussi une réflexion sur le poids de l’exil de toutes ces familles immigrées, souvent monoparentales, qui ont fui leur pays pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Une attente qui pèse très lourd sur les frêles épaules de Hai muré dans le mensonge face à sa mère. Dévasté par la honte de ne pas coïncider avec son inatteignable rêve d’élévation sociale. Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus émouvant dans le point de vue de l’écrivain américain.

Car si Vuong vit aujourd’hui de sa plume en auteur célébré, écrire sur sa condition n’a pas eu pour objet de le transformer en transfuge de classe. Pas son sujet. "J’ai toujours raconté la vie de ces gens parce qu’ils sont encore aujourd’hui, le centre de ma vie, comme James Baldwin avec Harlem", ainsi qu’il le confiait au magazine Vogue dans un entretien paru en mars. Comme une manière de restaurer la dignité de ces bannis aux destins mités qu’il chérit d’une vibrante loyauté.

"L’Empereur de la joie" d’Ocean Vuong, traduit par Hélène Cohen, éditions Gallimard, 512 pages, 25 euros.

Extrait : "Bien que les trains ne s’arrêtent jamais dans notre ville, leur sifflement retentit dans les salons à cinq kilomètres à la ronde. Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. Hartford, la capitale qui s’est construite par des compagnies d’assurances, des magasins d’armes à feu et d’équipement médical, bureaucraties de la mort et du désastre, se trouve à douze petites minutes en voiture par l’autoroute, et tout le monde nous contourne sans traîner pour s’y rendre ou pour foutre le camp. Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos trains et de vos monospaces, de vos bus Greyhound, nos visages déformés par le vent et la vitesse comme les parias des toiles de Munch. Les ambulances sont la seule chose que nous partageons avec la ville, étant assez proches de Hartford pour qu’elles viennent nous chercher quand nous sommes à moitié morts ou bringuebalés sur un brancard en acier, sans le moindre proche pour nous réclamer. Nous vivons aux marges mais nous mourrons au cœur de l’Etat. Nous payons des impôts à chaque chèque encaissé pour nous tenir sur les rives affaissées d’un fleuve où gisent nos rêves." (p15)

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